LES AVENTURES DE BLAKE ET MORTIMER
Découvrez la biographie par Edgar P.Jacobs des trois héros principaux des aventures de Blake et Mortimer. Ils se nomment, comme vous l'aurez deviné, Philip Mortimer, Francis Blake, et le colonel Olrik...

Le professeur Philip Mortimer:

mortimer

"Philip-Edgar-Angus Mortimer est né à Simla, où son père, Archibald-Aeneas Mortimer, originaire de Falkland et médecin-major dans l'armée des Indes, tenait garnison. Sa mère, lady Eileen-Hunter of Pitlochry, elle aussi du Perthshire, était réputée dans la colonie Anglaise, tant pour son esprit primesautier que pour son incontestable talent de pianiste.

De sa mère, le professeur tient son tempérament imaginatif, malicieux et plein d'humour. De son père, il a le caractère indépendant et emporté, le respect des traditions et un léger penchant pour le bon whisky de malt (du Carghu, de préférence) ayant un respectable nombre d' années de vieillissement dans des tonneaux de chêne.

A onze ans, il rentre au pays pour y faire ses études. D'abord à Dumbarton, puis à Allen Glen's School de Glasgow. Elève brillant, il entre à dix-sept ans à l'université de cette même ville, renommée pour son enseignement scientifique d'où il sort B.S.C. ( Bachelor of Sciences ). Très tôt il s'oriente vers la recherche et plus spécialement vers la physique nucléaire qu'il va parfaire au M.I.T. (Massachusetts Institute of Technology) puis à l'université de Berkley dont il devient bientôt l'un des plus éminent représentant. Mais son insatiable curiosité supporte mal le cloisonnement de la spécialisation. C'est le chercheur humaniste par excellence, ouvert à toutes les disciplines et à tous les problèmes de son temps. C' est ainsi qu'il porte actuellement son intérêt sur la biologie moléculaire (structure fine de la matière) qu'il pratique en particulier au M.R.C. (Medical research Council de Cambridge).

Homme de science doublé d'un homme d'action, jovial, débordant de vie, Mortimer est un solide gaillard rompu à tous les sports virils. Fervent joueur de golf ou de shinty, il pratique la boxe, le judo et le karaté, ce qui lui est bien utile lorsqu'il se trouve empêtré dans une de ses extravagantes et dangereuses histoires qu'il semble attirer sur lui comme le paratonnerre attire la foudre!

Franc, loyal, impulsif, dédaignant tout compromis, il est intransigeant sur tout ce qui touche à l'honneur et au bon droit. Evidemment il arrive que son caractère bouillant et sa façon de foncer droit devant lui le mettent parfois en bien mauvaise posture...

Heureusement, dans bien des cas, sa vaste érudition et son esprit inventif lui permettent de se tirer d'affaire et de résoudre des problèmes là où la seule bravoure ne suffit pas.

Pour être complet, ajoutons qu'il adore sa pipe. Son tabac préféré: le Virginie ou le Old Navy."

Le capitaine Francis Blake:

blake

"Francis-Percy Blake est né à Llangowlen (pays de Galles) de Aneurin-J.Blake, colonel au royal Walsh Fusilier et de lady Milicent Roche or Killarney, fille de Samul-B.Roche of Killarney, juge de paix du compté de Glamorgan.
Issu d'une respectable famille d'hommes de loi et d'officiers, le jeune Francis préfère à la robe le métier des armes. Aussi, dès la fin de ses études à Eton, il entre comme il se doit au Staff College de la "Royal Air Force", d'où il sort brillamment avec le grade de captain. Il effectue la première partie de sa carrière dans la R.A.F. puis passe à l'aéronavale comme squadron leader à bord du porte-avions Intrepid. C'est à ce moment qu'il est détaché par la "Section Spéciale" de l'Admiralty à Scaw-Fell, où l'on procède, dans le plus grand secret, à la mise en chantier de l'Espadon, le fameux sous-marin volant du professeur Mortimer.

L'odyssée de l'Espadon est encore trop présente à toutes les mémoires pour que l'on s'étende ici sur le rôle capital joué par ces deux hommes au cour de l'invasion Jaune. Rappelons simplement que c'est de cette époque que date la solide amitié qui unit Francis Blake et Philip Mortimer. Bien qu'offrant par leur tempéraments différents un frappant contraste, leurs mutuelles qualités s'équilibrent et se complètent. Ils forment une équipe particulièrement dynamique et d'une rare efficacité. Ses dons particuliers dans l'affaire de l'Espadon ont, tout naturellement, amené Blake à travailler pour les Services secrets Britanniques et pour le M.I. 5 en particulier, qui apprécient, comme il convient, son imperturbable sang-froid et son remarquable pouvoir de pénétration.

A l'inverse de Mortimer, Francis Blake est le flegme britannique personnifié. Comparé à son ami, il paraît froid et détaché, absolument maître de ses réactions. Mais cette insensibilité apparente n'est dû qu'à son horreur atavique de toute manifestation publique de ses sentiments. Comme tout Anglais de bonne race, Blake est tenace, persévérant, combatif, ne relachant son effort que lorsque l'affaire qui l'occupe a prouvé sa solution. Contrairement à Mortimer, toujours prêt à se lancer, tête baissée, dans l'aventure, Blake est circonspect, réfléchi et prudent. Il est rare qu'il donne dans un piège. Mais s'il lui arrive de se trouver dos au mur, c'est avec une inflexible détermination qu'il affronte la situation, et sa bravoure, pour être moins spectaculaire, n'a rien à envier à celle de son compagnon.
Les seuls moments où l'on a vu cet homme si calme manquer de trahir une certaine émotion furent ceux où l'incorrigible professeur Mortimer, poussé par son impulsivité habituelle, s'était mis, une fois de plus, dans quelque fâcheuse situation...

Ses sports favoris: le polo, le golf, le yachting."

Le colonel Olrik:

olrik

"Bien que le grade de colonel ait indubitablement été porté par le fameux renégat connu sous le nom d'Olrik, on ignore tout de son passé militaire. Plusieurs journalistes se sont vainement efforcés de percer cette énigme. Mais aucun d'eux n'a réussi à apporter un argument vraiment probant à l'appui de sa thèse. Certains prétendent avoir relevé dans les archives allemandes, tombées aux mains des soviétiques, le nom d'un certain Ulrich von Hohenstauff, Strombannfürer à la "Junker Shule" de Bad Tölz dans lequel ils croient identifier le fameux colonel. D'autres affirment qu'il existe de fortes présomptions pour qu'il ait appartenu à la "Section Etrangère" de l'ex-Guépéou sous le nom de Kirlof, anagramme (à une lettre près) de Olrik! Se fondant sur des affirmations (d'ailleurs incontrôlables) d'un transfuge des services hongrois, quelques-uns pencheraient plutôt pour son appartenance au A.V.H... Enfin, en dépit de la consonnance Balte de son nom (probablement un pseudonyme ?), on n'en sais pas davantage sur ses origines ethniques. Qui est-il? D'où vient-il? Mystère!

Quoi qu'il en soit, ce personnage hors série est bien l'un des plus prodigieux aventuriers que le monde ait connu, et aussi l'un des plus dangereux. D'une valeur et d'un courage équivalent à ceux de son adversaire Mortimer (qu'il estime d'ailleurs en connaisseur!), il ne s'oppose à celui-ci que par la conception toute personnelle qu'il a de la société.

En effet, fier, intelligent, désinvolte, dénué de scrupules, son machiavélisme n'a d'égal que son incommensurable ambition. Ne considérant que son intérêt personnel, il ne recule devant rien pour réaliser ses ténébreux projets. Il est le cerveau qui élabore, organise, ordonne. Dominateur, son ascendance personnelle subjugue tous ceux qui l'approchent, et pourtant il n'a que dédain pour la piétaille qui le sert, et à laquelle il laisse le soin des basses besognes.
En effet, l'impitoyable lucidité avec laquelle il observe le monde qui l'entoure n'inspire à cette nature orgueilleuse et rebelle qu'un souverain mépris (hélas!, combien justifié!).

C'est probablement ce sentiment, joint à celui qu'il a de son incontestable supériorité qui a fait de cet individu particulièrement doué, le cynique et redoutable hors-la-loi que l'on connait.

En suivant les alternatives de la lutte sans merci que se livrent les trois hommes, on assiste en réalité à l'éternel conflit qui oppose, depuis que le monde est monde, les forces du Bien et du Mal... Il se peut que certains exégètes vétilleux trouvent dans cette affirmation la marque d'un manichéisme sommaire. Personnellement, j'y voit plutôt un schématisme indispensable, à moins de doubler chaque personnage d'un Mr Hyde..."